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06/07/2026

PAGUENAUD ET SANFOURCHE : LIMOUSIN TERRE D'ATTACHE

Sanfourche et Paguenaud : Limousin, terre d’attache

 

Editions et œuvres originales

 Exposition du 10 juin au 10 septembre 2026

Pas de vernissage mais visite commentée personnalisée tout au long de l’exposition.

 

Galerie Vincent Pécaud, 21 rue Elie Berthet, 87000 Limoges

06 80 87 84 03

Du mardi au samedi 10h30-12h rt 15h-19h, entrée libre

 

Deux personnalités artistiques marquantes du Limousin : Jean-Joseph Sanfourche artiste majeur de l’Art Singulier/ Art Brut 1929-2010 et Jean-Louis Paguenaud Peintre Officiel de la Marine 1876-1952.

Ces 2 artistes au caractère indépendant étaient tous deux attachés à la région Limousin qui sût mettre en valeur leur œuvre ; tout particulièrement les villes de Coussac-Bonneval, Saint-Léonard-de-Noblat, Solignac et Limoges marquèrent leur parcours de vie.

 

Paguenaud

 

1876, Naissance de Paguenaud à Coussac-Bonneval

Très jeune il peint des paysages, représente rivières et forêts de sa terre natale.

Puis il partage son temps entre Limousin et Pays Basque.

 

1919: Paguenaud occupe un atelier avenue des Bénédictins, à Limoges, et travaille à mieux se faire connaître en Limousin. De nombreuses commandes de nature décorative.

Mettant en relation ses voyages et Limoges, il compare l’Abaissaille aux quartiers des villes de Turquie. Le peintre et son épouse louent un appartement au 13 de la place des Bancs.

 

Août 1922 : il est nommé Peintre Titulaire du Département de la Marine et ajoute à sa signature une ancre simple de marine.

Il doit comme le veut le règlement, faire ses preuves dans le genre difficile de Peintre Officiel de la Marine.

Unités et manœuvres peintes par Paguenaud sont toujours identifiables.

A partir de cette date il partage sa vie entre Paris, Limoges et ses missions en mer, à l’étranger.

Il peint de nombreux portraits, des paysages, des marines et décore des murs et des meubles: une production abondante mais diversifiée.

 

1925: une année riche en activités. Il travaille dans son atelier  à Limoges, et reçoit plusieurs commandes, y compris de l’étranger. Il fait de son atelier un lieu où il retranscrit en grand format ses notes de route prises sur le vif ; il s’aide aussi de sa mémoire exceptionnelle.

Il décore des salons de panneaux exotiques et exécute aussi des sanguines, représentant des types africains.

Le 19 novembre Paguenaud prononce une conférence intitulée  Choses et gens vus sur la mer  au Cercle Littéraire du Limousin dans la salle de Conférences des Ecoles de Limoges.

Il a  pour ami le poète limousin Edouard Michaud et écrit sous le pseudonyme de Jean D’If dans la revue Limousine La Brise, une Lettre des Tropiques.

Il est choisi avec un autre ami, le peintre Eugène Alluaud, pour représenter la région Limousin  lors de l’exposition internationale des Arts Décoratifs et Industries Modernes de Paris.

Il «navigue» toujours entre Limoges, Paris, et l’étranger.

 

1928: Paguenaud crée le 27 janvier, La Frégate, société destinée à offrir un point de chute aux marins en réinsertion.

 

Tout au long de sa vie, le peintre ne cessera d’alterner la représentation de marines à celle de paysages notamment du Limousin.

 

1929: nouvelle série d’expositions à Paris:

Arts-Décoratifs, Artistes Français, Salon des Indépendants, Cercle Interallié, mais surtout, en juillet, sous le patronage de l’Amiral Dumesnil, une exposition entièrement consacrée à ses œuvres, organisée par «l’Appel Français, revue française de la plus grande France»,

aux 30 et 55 Avenue des Champs-Elysées.

 

1930, Limoges : avec fidélité, Paguenaud présente régulièrement ses œuvres à la galerie Dalpayrat.

Il rejoint pour quelques années les Francs-Maçons.

 

Paris : Paguenaud fait l’acquisition originale d’une péniche, La Provence. Amarrée face à la gare d’Orsay, elle sera sa résidence jusqu’en 1940.

Paguenaud prend le train en gare de  Limoges Bénédictins pour se rendre à Paris.

Il participe aux grandes expositions internationales de 1931 et 1937.

 

1948: Pour honorer la S.N.C.F, il peint six paysages du Limousin de grandes dimensions. Exposés à l’automne dans le hall de la gare Limoges-Bénédictins, ils orneront pendant des années la salle des renseignements.

 

1952, décès le 31 mai à Limoges de celui que l’écrivain Paul Valéry qualifia d’Amiral des peintres et peintre des Amiraux.

Paguenaud est inhumé au cimetière de Louyat de Limoges.

Janvier 1960: première rétrospective importante consacrée à Paguenaud, à l’Hôtel de Ville de Limoges…

 

Aujourd’hui nombre de musées conservent ses œuvres (dont ceux nationaux de la Marine). Il bénéficie d’une renommée internationale comme en témoignent certains scores très élevés obtenus lors de ventes aux enchères (pour exemple, se référer à celle de l’étude AUDAP et associés à Drouot, Paris, en 2023).

Ce 30 juin 2026 on célèbre le 150 ème anniversaire de la naissance de celui qui fit dans sa vie plusieurs fois le tour du monde.

 

 

Sanfourche

1929, naissance de Jean-Joseph Sanfourche à Bordeaux; il  réside à Talence jusqu'en 1932. Son père, Arthur, est mécanicien de la Marine puis de l'armée de l'air française. Jean-Joseph vit ses premières années à Rochefort.                                                                                      Arthur atteint de tuberculose pulmonaire est réformé en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale mais travaille ensuite sur la base d'aviation de Limoges (il y donne cours de dessin et de mécanique). 

La famille Sanfourche s’est installée à Limoges au mois de septembre 1941. Son père lui enseigne les rudiments du dessin et de la peinture et un voisin menuisier lui fait découvrir ceux du travail du bois.

1942 J.J prépare à l’école rue de Châteauroux (Limoges) l’entrée à l’Ecole Nationale Professionnelle. Les troupes allemandes occupent la ‘’zone libre’’.

1943, J.J entre à l’ENP pour une scolarité de 4 années. On retrouvera par la suite la technique du vitrail dans ses œuvres, par le fait de procéder à des contours au trait noir épais de ses couleurs.

 

 

1947, après-guerre, J.J entre dans la vie professionnelle, gérant d’une entreprise de bonneterie. Par ailleurs il s’adonne à la peinture à l’huile, initié en cela par m. Lehembre.

L’année 1956 est surtout marquée par de sérieux problèmes visuels.

1958, J.J s’installe à Paris et dispose d’une petite chambre. Il est employé comme rédacteur à la Caisse Régionale de Sécurité Sociale de Paris. Il envisage de s’adonner avec plus d’ambition à la peinture. Les années suivantes il occupe différents postes en tant que rédacteur auprès de compagnies d’assurances.

Début des années 1970 il participe à Paris à des expositions collectives au sein de Salons d’art contemporain (au musée des Arts Décoratifs de Paris, etc) et côtoie de grands peintres.

Il doit quitter ses emplois successifs en raison de ses problèmes de santé liés à la vision.

De 1971 à 1985, correspondances avec Jean Dubuffet, créateur du mouvement Art Brut.

1973, il est marqué par l’exposition Chaissac au musée d’Art Moderne de Paris.

1975, il envisage de s’installer à Limoges, où la valeur de l’immobilier est moins élevée qu’à Paris (bien sûr) et en Dordogne où il a tenté de s’implanter.

1976, il retourne en Limousin pour se consacrer à sa vie d'artiste et s’installe à Solignac.        Il ressent une certaine hostilité de la part d’une partie de la population qui ne comprend pas son art. Cependant beaucoup de ses dessins sont acquis par Dubuffet pour la Collection de l’Art Brut.

1977 marque le début de sa collaboration avec les émailleurs de Limoges.

1979, décès du frère Leloup (religieux de l’abbaye de Solignac) avec lequel il avait noué une belle amitié.

1980, les équipes de FR3 Limoges tournent un premier reportage sur le travail de Sanfourche à Solignac. St Eloi est source d’inspiration.

1982, le peintre Pagani (il exposa au début des années 60 le peintre Chaissac) lui rend visite. Sanfourche aura 2 marchands : Pagani, lequel lui achètera des œuvres pour sa Fondation près de Milan, et un américain de la ville de Detroit. Tous deux se rendront en Limousin pour acquérir nombre d’œuvres de Sanfourche. Nombre d’acquisitions aussi par le FRAC de Limoges.

1985, J.J crée l’association des Compagnons du Graal (avec des anciens de l’ENP dont l’émailleur orfèvre Chéron).

1987, J.J participe à l’exposition et colloque de l’Atelier-Galerie de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Limoges.

1993, Le Populaire du Centre à Limoges publie ses vœux de nouvelle année avec à la une l’œuvre de Sanfourche intitulée C’est ça l’amour ! Sanfourche rencontre Robert Doisneau pour la 1ère fois, à Saint-Léonard-de-Noblat (documentaire pour FR3, Doisneau des villes et Doisneau des champs ; le célèbre photographe n’y était pas revenu depuis son reportage sur la Quintaine en 1952)

1996, à Saint-Léonard-de-Noblat, le FACLIM présente des peintures de Cueco, Rebeyrolles et Sanfourche. Roch Popelier réalise les premières porcelaines grand feu à décors de personnages de Sanfourche.

 

1999, importante exposition Sanfourche, réalisée par le Conseil Général de la Haute-Vienne, dans le cadre de la Culture au grand jour.

Publication de l’ouvrage Regards en Limousin, texte de Sanfourche et photos de Doisneau.

Plusieurs expositions se dérouleront jusqu’à aujourd’hui d’abord à la galerie Arset de Limoges puis à celle Vincent Pécaud (à partir de 2010).

2003, grande rétrospective Sanfourche à la Galerie des Hospices, Limoges.

2010, Jean-Joseph Sanfourche meurt le 13 mars à l'hôpital de Saint-Léonard-de-Noblat.                       Il était membre de la Confrérie de Saint-Léonard qui a pour vocation d’honorer le saint.

Sanfourche voyagea peu (si ce n’est jeune homme), solidement encré au Limousin pendant un grand nombre d’années.

J.J est inhumé au cimetière de Louyat de Limoges.

Ses oeuvres se trouvent dans la Collection de l'art brut de Lausanne (rebaptisée Collection Neuve Invention), aux musées d'Art moderne de Paris et des Arts décoratifs de Paris, Centre Pompidou à Paris (Bibliothèque Kandinsky), au musée d'Art naïf de Nice, au musée des Arts singuliers de Laval, à La Fabuloserie dans l’Yonne, au musée d’Art brut de Montpellier…

 

Le musée Cécile Sabourdy de Vic sur Breuil (H.V) a présenté à plusieurs reprises l’œuvre de Sanfourche (dont exposition inaugurale). La ville de la Rochelle exposa le peintre. L’exposition à Montpellier en 2018 dura 6 mois !  A Talence, au Forum des Arts, exposition en 2021…

 Quelques-unes de ses œuvres ont été acquises par la chanteuse Tina Turner en 1994. Ses œuvres s'exposent dans le monde entier. D'après France3 Nouvelle Aquitaine, Sanfourche incarne aujourd’hui une valeur sûre de l'Art singulier. Des écoles portent son nom comme à Châteauneuf-la-forêt (H.V), des rues aussi (à Isle non loin de Limoges ou encore à Toulouse)

photos copyright M Y Boureau 1925 et Vincent Pécaud 2003

photo M.Y Boureau Paguenaud ds son atelier Limoges 1925.jpgphoto vp st leo de noblat 2003 sanfourche.jpg

10:13 Publié dans EVENEMENTS 2026 | Commentaires (0)